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Le dopage

Dernière mise à jour : 27 mai 2023

Depuis des années, les affaires de dopage défraient la chronique du sport. Joueuse de tennis russe, Tour de France, championnats du monde d'athlétisme, les scandales se succèdent, rythmés par les déclarations toujours plus fermes des autorités mondiales du sport.


Mais qu’est-ce que le dopage dans le sport ?

Le dopage se définit par l’usage de substances ou de procédés interdits. Ses objectifs sont l’amélioration de l’entraînement et des performances. Le dopage n’est pas seulement une tricherie. Il constitue un risque majeur pour la santé des personnes qui s’y livrent, pour la santé publique et pour l’image du sport.


Le problème du dopage dépasse pourtant le monde du sport de haut niveau et touche également nombre de sportifs amateurs. Pourquoi en arrive-t-on à vouloir améliorer artificiellement ses performances ?


Le dopage n’est pas uniquement présent dans le domaine sportif …

Dans le domaine général, la conduite dopante se définit par la consommation de produits en vue d’affronter un obstacle, qu’il soit réel ou ressenti. Elle ne se limite pas à la pratique sportive : la prise de produits avant un examen, une présentation devant un public, un entretien d’embauche ou une déclaration amoureuse, relève du même principe. Chez les sportifs, la conduite dopante commence par l’utilisation de substances autorisées : vitamines, caféine, bicarbonate de soude, médicaments homéopathiques ou de phytothérapie, etc.

La prise de ces produits relève de la volonté d’obtenir des résultats plus rapidement et relève donc d’une certaine forme de tricherie. Elle peut déboucher sur la prise de produits autorisés plus spécifiques à l’usage sportif (par exemple des suppléments diététiques), dont l’offre a explosé depuis l’avènement d’internet.


Le dopage est un phénomène qui ne se limite pas aux sportifs professionnels. On estime que 5 à 15 % des sportifs amateurs adultes utilisent des produits pour améliorer leurs performances (essentiellement des stimulants, des dérivés du cannabis, des glucocorticoïdes, et des stéroïdes anabolisants). Il y a quelques années, ce problème touchait plutôt les milieux du culturisme, du cyclisme, de l’athlétisme, du tennis et de certains sports collectifs. Aujourd’hui, il déborde dans de nombreux sports : une enquête européenne conduite récemment estime que 6 % des personnes pratiquant des activités de fitness ont déjà utilisé des produits dopants.


Les personnes qui ont recours au dopage sont plutôt jeunes (entre 14 et 35 ans) et de sexe masculin. Elles sont souvent issues de familles où l’usage de substances agissant sur le psychisme (alcool, tabac, anxiolytiques, somnifères, etc.) est banalisé. Ces personnes souffrent fréquemment d’isolement social.


Une histoire qui a fait polémique : Ophélie Claude-Boxberger

Contrôlée positive à l'automne 2019, la spécialiste du demi-fond Ophélie Claude-Boxberger est au cœur de la plus rocambolesque affaire de dopage jamais vue dans le sport français. À 7h30 du matin, deux responsables de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ont toqué chez elle pour lui signifier son contrôle positif à l'EPO. Un choc pour elle, perquisitionnée illico par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP). Durant quatre heures, ils fouillent tout, du congélateur à la litière des chats, à la recherche de seringues et de flacons. Ils ne trouvent rien, repartent quand même avec des téléphones et des ordinateurs. La sportive, elle, jure qu’il s’agit d’une erreur. Pourquoi injecter un produit illégal à la veille d’un championnat du monde où elle était certaine d’être contrôlée? « Je n’ai rien dit, se rappelle-t-elle. J’étais sous le choc. » Elle me reçoit un après-midi pluvieux de mai dans sa maison de Montbéliard, cachée entre une zone pavillonnaire et des immeubles défraîchis. Escalier en pierre, grenier plein d’appareils de musculation et de trophées, jardin avec piscine, jacuzzi, sauna extérieur. Depuis deux ans, elle sort à peine de cette prison dorée, hormis pour s’entraîner. « Il n’y a qu’en courant que j’oublie », glisse-t-elle d’une voix mal assurée. Aujourd’hui, elle ne se bat plus contre un chronomètre mais contre l’opprobre. Son histoire a dépassé les colonnes des journaux sportifs pour se poursuivre devant les tribunaux. Elle sait ce qu’on dit à son sujet : elle serait une tricheuse doublée d’une manipulatrice de génie. Elle se voit surtout en fille maudite : une sportive au parcours chaotique qui a tout sacrifié, victime d’un entourage vénéneux et d’un homme capable du pire par jalousie. Qui croire ? Le 7 avril 2021, la commission des sanctions de l’agence antidopage l’a condamnée à deux ans de suspension.





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