En route vers la féminisation du sport

Le monde sportif, longtemps considéré comme exclusivement masculin, est en pleine évolution depuis plus d’un siècle. Une évolution toujours en cours, un combat constant pour la parité homme / femme dans le sport, qu’il faut continuer à défendre.


Commençons par le début , les femmes étaient déjà exclues des jeux olympiques antiques et également des premiers jeux olympiques modernes à Athènes en 1896. On remercie Pierre de Coubertin d’avoir fondé les JO modernes ainsi que le Comité Internationale Olympique cependant il pensait que la gent féminine n’avait pas sa place au sein des compétitions. Il affirmait qu’une femme serait « inintéressante » et « inesthétique », voilà pourquoi le combat pour l‘égalité dans le sport débuta.


Quatre ans après, aux Jeux Olympiques de 1900 se déroulant à Paris, officiellement appelés « Concours internationaux d’exercices physiques et de sports » ; les premières femmes participeront à des épreuves considérées comme olympiques. Elles ne pouvaient concourir que sur cinq disciplines uniquement : le tennis, la voile, le croquet, l’équitation et le golf. Sur 997 athlètes présents cette année-là, les femmes n’étaient que 22 soit 2.2% des sportifs.


28 ans plus tard, une seconde évolution fait son apparition. Deux nouvelles disciplines olympiques s’ouvrent à la participation des femmes aux JO : l’athlétisme et la gymnastique après de nombreuses demandes depuis 10 ans, par Alice Maillat une sportive de haut niveau et militante du sport féminin.


La participation féminine au JO d’Amsterdam atteint alors les 10% de présence féminine.


De plus en plus de disciplines vont continuer à s’ouvrir, et la participation féminine va continuer d’augmenter au fur et à mesure que les années passent.


Un tournant de la lutte pour la féminisation du sport, c’est la décision du CIO en 1991, qui annoncera que « tout nouveau sport admis au programme olympique devra obligatoirement comporter des épreuves féminines ». Il faudra malgré tout attendre 2012 et les JO de Londres pour que les femmes concourent dans tous les sports du programme olympique.


En 2016, les JO de Rio battent un record dans l’histoire de la féminisation du sport avec près de 45% de femmes en lice, elles étaient alors 5 176 sportives sur 11 444 athlètes présents.


Outre ces chiffres historiques sur l’évolution des Jeux Olympiques modernes, d’autres faits sont là pour démontrer que la féminisation du sport progresse et continue de progresser aujourd’hui.


En 2000, l’égal accès des femmes à la pratique sportive a été inscrit dans la loi 2000-627, dite « loi du sport ». Ce dispositif a été renforcé en 2014 en ce qui concerne l’égalité des femmes et des hommes au sein des instances dirigeantes des fédérations sportives.


En 2017, c’est plus de 6 millions de licences féminines ce qui correspond à une progression de 500 000 licences en 5 ans. C’est près de 87% des fédérations sportives qui ont mis en place un plan de féminisation et une augmentation de 26.5% (2013) à 34.8% (2017) du taux de féminisation dans les instances dirigeantes. Les médias sont également une source de soutien importante face à cette lutte pour le développement du sport féminin. En 2016, sa diffusion représente 18% des retransmissions sportives. Ce chiffre est peu élevé mais il subit une augmentation flagrante depuis 2012 où il s’élevait à 7% uniquement.


Des progrès ont été faits et se poursuivront dans cet élan de réussite. Des solutions doivent être proposées notamment en ce qui concerne la part des femmes des quartiers prioritaires qui restent bien inférieures dans le monde sportif ou encore sur les sports dits « masculins » où les femmes sont nettement moins représentées.


Toutefois, on espère pour les Jeux de Paris 2024
qu’« un athlète sur deux sera une femme».




5 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout